FREESPACE : FREESPIRIT !

16 ème BIENNALE D’ARCHITECTURE, VENISE ( 26 MAI – 25 NOV 2018 )

Après Kazuyo Sejima en 2010 (People meet in architecture), Yvonne Farrell et Shelley McNamara, architectes irlandaises de Dublin, sont les deuxiemes femmes à avoir été nommées curateurs de la biennale d’architecture qui ouvrira ses portes le 25 mai prochain. Présentes en tant qu’architectes à la Biennale en 2002 (Next, Curator Dejan Sudjic), elles ont remporté le Lion d’Argent en 2012 (Common Ground, curator David Chiperfield), où leur atelier avait présenté le projet pour le campus de l’Université UTEC à Lima, au Pérou, avec le travail de Paulo Mendes da Rocha. L’atelier à également été représenté à la Biennale, 2016 (Reporting from the Front) sous le titre “The Physics of Culture”.

 

Biennale-Venezia-Archi-2018-Robin

Après leur nomination et au début de leur réflexion, elles déclarent approcher cette exposition en tant qu’architectes voire urbanistes (Our intention is that the Exhibition will make a connection with this unique city), considérant les bâtiments donnés (Arsenal, Corderie, Pavillon international…) comme des sites spécifiques, comme des contextes itinérants du projet Freespace. Par ailleurs, comme de nombreux architectes invités, l’un des éléments clef de leur manifeste et qui a accompagné leur thématique tout au long de l’élaboration de la biennale, fut celui de réaffirmer leur engagement avec la notion de « terre comme client » (At the same time it is important to note that at the core of the variety of individual architects’ work is the shared respect of the ‘Earth as client’, a key component of our Manifesto.)

Dès lors la question récurrente, qui trottent déjà dans la tête de tous les visiteurs qui auront la chance de parcourir cette biennale, sera celle de savoir de qui l’architecture où la terre est générateur d’espace ou encore de Freespace ? La question se prolongera ensuite en essayant d’éloigner ou de renforcer l’ambiguïté qui est portée par le titre Freespace lui-même. S’agit-il d’un espace libre ou d’un espace gratuit ou des deux ?

Selon Paolo Baratta, éminent président de la Biennale, « le désir de créer Freespace peut devenir la caractéristique spécifique de chaque projet individuel. Mais l’espace, l’espace libre, l’espace public peuvent également révéler la présence ou l’absence de l’architecture, si nous comprenons l’architecture comme une « pensée appliquée à l’espace où nous vivons, que nous habitons ».

Ces questions ne pourraient trouver de sens ni de réponses sans parler d’une nouvelle entité de marque invitée pour la première fois à la biennale de Venise en la présence de la cité du Vatican. Un pavillon du Vatican dans un espace libre consacré à la réalisation de dix chapelles éphémères conçues par dix architectes internationaux sous la direction de Francesco Dal Co, historien de l’architecture. Ces micros édifices religieux seront réalisés pour le Saint-Siège et porteront le titre générique de « Holy See ». Cet espace situé sur l’ile de San Giorgio Maggiore, face au Giardini où sont présent les pavillons nationaux, viendra comme narguer la laïcité propre à l’organisation d’un évènement comme la biennale de Venise. Pourrons-nous donc être en mesure de compléter nos réponses à la notion de Freespace par la notion de Freespirit ou encore d’esprit libre ? Mais d’ores et déjà notre esprit vacille à l’idée de savoir si l’architecture de ces dix chapelles sera inaugurée ou plutôt bénie par le Pape François en personne et comment le Saint-Siège et le monde de l’architecture recevront un Lion d’or si par aventure le Vatican était choisi ?

Du côté des pavillons nationaux le titre de leur projet portent en eux-mêmes une réponse à la thématique Freespace. Il sera intéressant de comparer l’intention donnée dans les titres à la réalité des installations scénographiques et architecturales des uns et des autres. Et de regarder ces intentions à travers les prismes culturels, politiques ou économiques et les situations actuelles de chaque nation.

ALBANIA : Zero Space, From Utopias (υτοπία) to Eutopic (ευτοπία) Tirana / ANTIGUA & BARBUDA : Environmental Justice as a Civil Right / BELGIUM : Eurotopie / BRAZIL : Muros de Ar ( Walls of Air ) / FINLAND : (Alvar Aalto Pavilion) : Mind-building / FRANCE : Infinite Places, Building or Making Places ? / GERMANY : Unbuilding Walls / VATICAN : HOLY SEE, Vatican Chapels / INDONESIA : Sunyata: The Poetics of Emptiness / IRELAND : Free Market / ISRAEL : In Statu Quo: Structures of Negotiation / KOSOVO (Republic of) : the CITYisEVERYWHERE. / LEBANON : The Place That Remains / NETHERLANDS : (The) WORK, BODY, LEISURE / PORTUGAL : PUBLIC WITHOUT RHETORIC / POLAND : Amplifying Nature / NORDIC COUNTRIES (FINLAND-NORWAY SWEDEN) : Another Generosity RUSSIA : STATION “RUSSIA” / SAN MARINO (Republic of) : URBAN COLOURS / SAUDI ARABIA :بينما/ Spaces in Between / SINGAPORE : No More Free Space? / SLOVENIA (Republic of) : Living with Water / SPAIN : Becoming / SWITZERLAND : Svizzera 240 (la vie sous 240 cm de hauteur) / TURKEY : “Vardiya / The Shift” / UNITED ARAB EMIRATES : Lifescapes Beyond Bigness / UNITED STATES OF AMERICA : Dimensions of Citizenship / URUGUAY : Prison to Prison, an Intimate Story between two Architectures / VENEZUELA (Bolivarian Republic of) : CCS-Espacio Rebelde

Stephane Courarie-Delage

http://www.labiennale.org/en/architecture/2018