Extrait Les pensées de Sam Moore – Boléro – Rêvolutions – printemps/été 2019

Gina Cumff était en route vers le pays thouarsais, la climatisation était à son point mort, une chaleur tout au long du voyage qui rendait la concentration difficile. Les fenêtres grandes ouvertes sur un défilé de champs jaunes. Passé la Loire, les tournesols twistent les vues. Puis la vue sera totalement brouillée, une vision qui s’annonce incohérente. Un enchainement de sensations brouillées par la chaleur moite de l’été caniculaire. La visite d’expositions où l’on passe du jardin à la Chapelle, de ses sous-sols à son choeur, du choeur à la maison de ville plongée dans l’obscurité, de la maison au jardin enivré de jasmin, du jardin à la voiture trop climatisé, de la voiture à l’allée chaotique du château, du château au jardin et ses douves. Le décryptage sera à faire, d’ailleurs on ne sait plus si les mots sont chantés, fredonnés, mimés, criés, susurrés puis engloutis sauvageusement. 

Pierres sous la chaleur indie
déviantes
géologie et rusticage en fête

des formes dans la nuit
m’éclaire la belle
luz de la chapelle
lumières
déambulation nocturne
paysage qui se dessine
les volumes passent du ronde-bosse au bas relief

une table en verre en forme de haricot invisible dans la nuit comme dans le jour
les contours transparents disparaissent totalement sur l’horizon de la table.

Un boléro qui s’éveille prenant corps sur les fûts
Envoûtant.

Un moment symbiotique qui me ramenait aussi à ces petits chapeaux métalliques, cylindre à lamelles concentriques et rotatives en inox que l’on trouve parfois sur les toits des maisons. Elles sont comme des boules à lamelles magiques. Ce qui me plaît, c’est leur grande capacité à nous éblouir. Un concentré d’éblouissement. Poujoulat, lieu-dit Les Pierrailleuses, Granzay-Gript, chapeaux aspirateurs de cheminée tournant.

Chapeaux tournants, Sam les avait photographié à chaque fois qu’il avait pu, à Nice puis à Thouars mais cette fois, le soleil avait été si intense, que l’éblouissement avait été total. Son Samsung avait trop chauffé et avait refusé les prises de vues. Un écran noir s’était affiché.
Pour Sam, c’était la première fois que son téléphone s’immisçait dans le choix de ses notes …

 

Beaucoup plus tard dans la soirée ou peut-être avant, nous avions rêvé à un Duhomard servie sur le pont des douves du château en regardant les boules en strates s’agiter sur leurs flancs, une mise en bouche pour affuter les esprits farceurs. 
Puis, les pensées vinrent en vrac, avec pour seul organisation celle des pas guidés par le podomètre. Heap of langage. Les montagnes affluaient de jour en jour, la collection des montagnes de Fougères et autres élevations s’accumulaient de jour en jour ….

Extrait Les pensées de Sam Moore – Boléro & spécial pensée à Jean-Michel Espitallier et son boléro sur Vintage de Stéphane Vigny – Rêvolutions – printemps/été 2019