LES PENSEES DE SAM MOORE ET SES DIVAGATIONS … VI (11 AUGUST) …

C’était trop peu de parler des cannelures aujourd’hui, la fracture aurait tout aussi bien fait l’affaire mais la dimension physique et sculpturale aurait été complètement abscons. Les cannelures cachent des interstices propices à d’autres espaces qui ne se révéleront qu’au creux de leur forme. La fracture est sans doute plus irréversible, une ligne franche bien qu’elle puisse engendrer un versant al contrario et de facture à s’opposer.

Lamaline, revenait sur … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 6 – L’ENFANT, CET ABSENT REMARQUABLE

Dans un roman de 527 pages, même réparties entre trois narrateurs, et faisant intervenir à des degrés divers une trentaine de personnages (quoique certains d’entre eux ne soient mentionnés qu’une seule fois et n’apparaissent que brièvement), il est toujours tentant de repérer des catégories d’individus unis par un lien social, idéologique ou encore psychologique. Mais, en procédant de la sorte, on manque parfois des catégories plus considérables qui devraient pourtant … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 5 – UNE SINGULIÈRE INTRIQUE

Simple en apparence quand on la survole à grands traits, l’intrigue d’Esther Doerrie se révèle épineuse à résumer quand on veut en rendre compte dans ses méandres. C’est qu’elle cherche à combiner la quête d’un jeune anglais de la gentry aux prises avec la construction d’une vie amoureuse stable et l’hostilité énigmatique que son mentor met à la faire échouer. On apprend en outre que celui-ci, Sir Charles (son … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 4 – UNE TROUBLANTE SAGESSE DU MAL

Le personnage de Sir Charles  dans Esther Doerrie de Manfred Huschner est sans doute une troublante figure du mal. Qu’il soit machiavélique, au sens froidement calculateur du terme, est indéniable d’autant que ses résolutions s’appliquent sans état d’âme apparent à ses proches les plus intimes: pour protéger ses secrets, il n’hésite pas à torpiller le mariage d’Andrew Marsh avec celle qu’il croit être sa fille, ni à provoquer indirectement son … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 3 – ESTHER DOERRIE OU COMMENT RATER UN ROMAN

Bien des lecteurs vous le diront : Esther Doerrie est un roman riche et fort mais ennuyeux. L’intérêt romanesque y est constamment interrompu par une propension à des considérations théoriques et métaphysiques distribuées par des narrateurs qui ne sont pas de meilleur aloi pour les tenir. Passe encore pour Sir Charles dont le cynisme permanent a pour contrepoids un écheveau de réflexions destiné à justifier éthiquement le calcul qui l’inspire; … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 2 – UN ROMAN D’OUTRE TOMBE ?

Il peut paraître paradoxal de considérer qu’Esther Doerrie, le dernier roman de Manfred Huschner, soit un roman d’outre-tombe dans la mesure où le seul personnage qui meure effectivement est Andrew Marsh (si l’on excepte Esther Doerrie elle-même, mais sa mort est antérieure au déroulement du récit) et son suicide n’intervient et n’est révélé qu’à la fin du roman.

Pourquoi oser alors ce titre, avec d’ailleurs un point d’interrogation … Lire la suite

Extrait de Les pensées de Sam Moore en suite vers le printemps…(VIII)

Antoinette Ohannessian - Quand on pose une chose contre une autre elles se touchent, 1998. © CRAC de Sète
Qu’est ce que tout cela pouvait-il vouloir dire ? On ne s’en préoccupait peu finalement.  Avoir le pouvoir de décider qui on souhaitait voir agir à notre place, n’était pas une mince affaire.
Sam Moore, avait éparpillé sur la table tous les documents qu’il avait reçu, d’emblée il avait écarté ceux dont les photographies ne lui inspiraient pas confiance. Il se disait que c’était terrible ce rapport de physionomie discriminatoire. … Lire la suite