KALEIDOSCOPE 8 – MAÎTRES ET SERVITEURS

A quoi pense-t-on exactement lorsque, jeune homme issu de la bonne bourgeoisie londonienne, on entreprend de séduire une accorte femme de chambre chargée de veiller au bon ordre d’une maison respectable et qu’on en tombe amoureux ? Mais quand celle-ci s’enfuit parce qu’on l’a mise enceinte, bien qu’à la différence de Karl Rossmann dans l’Amérique de Kafka , on n’ait pas été chassé par ses parents, on connaît l’exil comme … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 7 – D’OUTRE-TOMBE OU D’IMPOSTURE ?

Dans un article récent, Laszlo Ferragus soutient qu’Esther Doerrie de Manfred Huschner pourrait être qualifié de « roman d’outre-tombe ». Outre la référence écrasante à Châteaubriand, l’argument principal, d’ailleurs formulé dans un style abscons et dogmatique (« la rhétorique réduit la complexité du réel ») quand il n’est pas purement et simplement ridicule (« En tuant Esther Doerrie, Sir Charles a pris le visage de la morte » ou … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 6 – L’ENFANT, CET ABSENT REMARQUABLE

Dans un roman de 527 pages, même réparties entre trois narrateurs, et faisant intervenir à des degrés divers une trentaine de personnages (quoique certains d’entre eux ne soient mentionnés qu’une seule fois et n’apparaissent que brièvement), il est toujours tentant de repérer des catégories d’individus unis par un lien social, idéologique ou encore psychologique. Mais, en procédant de la sorte, on manque parfois des catégories plus considérables qui devraient pourtant … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 5 – UNE SINGULIÈRE INTRIQUE

Simple en apparence quand on la survole à grands traits, l’intrigue d’Esther Doerrie se révèle épineuse à résumer quand on veut en rendre compte dans ses méandres. C’est qu’elle cherche à combiner la quête d’un jeune anglais de la gentry aux prises avec la construction d’une vie amoureuse stable et l’hostilité énigmatique que son mentor met à la faire échouer. On apprend en outre que celui-ci, Sir Charles (son … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 3 – ESTHER DOERRIE OU COMMENT RATER UN ROMAN

Bien des lecteurs vous le diront : Esther Doerrie est un roman riche et fort mais ennuyeux. L’intérêt romanesque y est constamment interrompu par une propension à des considérations théoriques et métaphysiques distribuées par des narrateurs qui ne sont pas de meilleur aloi pour les tenir. Passe encore pour Sir Charles dont le cynisme permanent a pour contrepoids un écheveau de réflexions destiné à justifier éthiquement le calcul qui l’inspire; … Lire la suite

KALEIDOSCOPE 2 – UN ROMAN D’OUTRE TOMBE ?

Il peut paraître paradoxal de considérer qu’Esther Doerrie, le dernier roman de Manfred Huschner, soit un roman d’outre-tombe dans la mesure où le seul personnage qui meure effectivement est Andrew Marsh (si l’on excepte Esther Doerrie elle-même, mais sa mort est antérieure au déroulement du récit) et son suicide n’intervient et n’est révélé qu’à la fin du roman.

Pourquoi oser alors ce titre, avec d’ailleurs un point d’interrogation … Lire la suite

KALÉIODOSCOPE 1 – UNE IDENTITÉ FRAGMENTÉE

Note à l’intention du lecteur :

Le texte qui suit, Une identité fragmentée, est une partie d’un roman intitulé Kaléidoscope, lequel sera pésenté à travers une succession de 60 articles attribués à une dizaine de critiques fictifs (tels Larry Smith pour ce premier, de même que Laszlo Ferragus ou Jennifer Cramsky), d’un roman fictif intitulé Esther Doerrie. Publiés dans Dust Distiller chaque mois, ces textes se répondront, … Lire la suite