Offrir des livres / Volet 6 : Découvrir Bruxelles par la visite d’ateliers d’artistes

Avec le soutien de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), la Société Royale Belge de Géographie (SRBG) édite, depuis 1986, une collection d’itinéraires “Hommes et Paysages”. En septembre 2019, deux itinéraires pédestres pour la découverte d’ateliers d’artistes dans la capitale belge, ont été regroupés dans un guide à 10 euros. Rédigé par une professeure de littérature – Laurence Brogniez – et une géographe – Tatiana Debroux, toutes les deux de l’Université ULB, l’ouvrage se décline en trois parties. La première est une introduction sous forme d’une étude historique et géographique de l’atelier ou de la maison-atelier d’artiste dans le Bruxelles de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. La deuxième nous emmène à travers les faubourgs de Schaerbeek et Saint-Josse, sur une distance de 5,7 km. La troisième nous fait traverser les quartiers de Saint-Gilles et Ixelles, sur plus de 6 km.
“L’observation et la promenade” sont au service de la flânerie dans les “faubourgs bourgeois” de la capitale européenne. Les auteures ont décidé de restreindre la période d’étude pendant la période de l’Art nouveau (de 1893 à 1914). Cette effervescente artistique correspond à un moment de grand développement urbain. Ces deux phénomènes ont permis la construction de ces maisons-ateliers en façades sur rue, donc faciles d’accès pour les piétons. Hélas, nous apprenons à la lecture des Itinéraires que de nombreuses bâtisses furent détruites. Mais il en reste suffisamment pour imaginer l’importance de ces lieux dédiés majoritairement à l’art de la peinture, et, dans un même espace, à l’art de la représentation sociale. Quantité de réceptions y étaient données en l’honneur des futurs acquéreurs ou des collectionneurs mécènes. Tous les protagonistes des groupes d’artistes de l’époque, comme les XX, la Société libre des Beaux-Arts, L’Essor, le Sillon ou encore, Pour l’Art, s’y retrouvaient. Et fait notable, de nombreuses femmes - appelées “peintresses” – pour la plupart issues de l’aristocratie, la bourgeoisie, filles ou femmes d’artistes, pouvaient suivre, dans ces belles demeures, des cours de modèle vivant nu.

DD-Ateliers-Artistes-Brussels

Une écriture fluide et informée rend la lecture agréable mais un gros regret demeure : le graphisme de l’ouvrage. Pourquoi la SRBG ne fait-elle pas appel à un.e graphiste digne de ce nom ? La mise en pages oblige la lectrice ou le lecteur à redoubler de concentration pour “rentrer” dans le texte. Les visuels ne sont pas mis en valeur. Le rapport texte/image n’est absolument pas pensé. Tout cela nuit à la qualité des contenus. Dommage !

Reste qu’après la lecture de ce guide, l’envie ne manque pas de passer la fin de l’année 2019 et le nouvel an dans la capitale belge, dans une maison-atelier, celle du maître-verrier Clas Grüner Sterner, au 6 rue du Lac, à Ixelles, par exemple !

https://srbg.be/hommes-et-paysages/