Les pensées de Sam Moore, the windleaf et la trampoline, 4 février 2021

From Wind leaf

to wind loaf

ou le pain des rêves tout en continuant de marcher

Mes lunettes se sont agrandies et mes verres sont devenus plus larges que mon visage. Quand je me déplace, j’entends le vent qui siffle.

Si je me déplace plus vite, le vent s’engouffre entre mes verres et fait chuinter les silex de mes poches. C’est troublant ce vent qui s’invite dans la cuisine et qui traverse les pièces en me devançant d’un doigt.

Sam se demandait comment faire pour ralentir le vent

un déplacement plus lent, des mouvements plus légers qui pointent les articulations avec une légère suspension. Décomposer le mouvement, de la pointe du pied qui s’écrase au sol, au talon qui s’élève et, décomposer le chuintement produit par le vent pour ne garder qu’un stimulus auditif

Tel un bruit blanc

blanc.

Rouille,

qui roule lentement

Je vous laisse agoniser dans vos entrailles ce sont des mots qui sortent du téléviseur. Les entrailles du téléviseur ne prennent pas beaucoup de place, un réseau de fils colorés toujours prêts à être raccordés ou tout simplement coupés. Cut,

je répète

cut,

A l’intersection, j’ai suivi une Gulf orange et verte sur la route.  Je préfère la Gulf à la Golf. Je sens qu’avec la gulf c’est comme si la balle s’était arrêtée, comme un arrêt sur image alors que le mot golf entraîne la balle à aller encore plus vite. Sam se rendait compte que ce qui l’intéressait c’était les mots qui d’une certaine manière ralentissaient la compréhension, comme si d’un seul coup, on ne savait plus exactement de quoi il s’agissait. L’aspect familier était toujours bien présent mais était accompagné d’une inconnue. C’était ce ralentissement-là dont il rêvait à chaque instant.

Pendant ce temps, le bœuf à l’orange et aux carottes continuait sa cuisson. Les fines lamelles de zeste se marient bien au bœuf qui s’effile aussi.

La VMC est prête à décoller, les tuyaux sont pour cette fois raccords. Le chapeau du marié ou l’extracteur de fumée s’emballe pour la première fois. Un nuage épaissit le ciel comme s’il s’agissait d’un bon numéro, le cirque est total. Sam ouvrit grand les fenêtres histoire de faire décoller sa rétine, laisser s’échapper le fluide sous rétinien bien circonscrit. La micropsie fête son entrée dans le brouillard. Une soucoupe volante, un ovni qui passe entre les plats et qui poursuit sa course dans les buissons épineux.

Je suis le bougainvillier. Beau et terrifiant à la fois.

On devient fou, on agonise ou encore on s’adapte,

en rebondissement

j’ai toujours préféré le sport surface*, avec un échauffement régulier des changements de surface,

on s’adapte en rebondissement et parfois c’est en rebondissant qu’on s’adapte

j’éternue

avec un peu de recul, ou bien à y regarder d’un peu plus près, finalement je crois que je préfère la sport surface.

Le corps a de toute évidence besoin de s’étirer

Est-ce que l’on aurait une petite idée du nombre de personnes qui pendant le confinement du printemps dernier ont acquis la trampoline, l’agrès rebondissant ! Les élastiques que l’on place derrière les oreilles pour maintenir le morceau de tissu devant la bouche, le nez ne sont pas très agréables. Mais l’élastique toilé horizontale fixée par des ressorts sur un cadre est drôlement plus excitant. Sam avait essayé de juxtaposer l’élastique des oreilles à l’élasticité d’un morceau de tissu que l’on place devant la bouche comme par obligation. Il s’était rendu compte que les mouvements de sa mâchoire s’étaient modifiés. D’un seul coup, il sentait les sons s’amplifier dans sa bouche, se diffuser dans tous les interstices, jusqu’à devenir proche d’un vin gouleyant en bouche avant d’en ressortir, le tissu élastique amortissant le jet,

prêt à revenir tel un boomerang rapide et fugace dans la bouche

yyyarggghgygkhjhjhjjlllhyyyyyyk-gloupiyiurkkkkkkhuikcruuuiikku
Une expérience intense, rapide et concentrée.
Il se demandait si avec un peu d’entrainement, on finirait par faire un trou,
là,
ici, en plein dans le mille.
Juste pour que le jet puisse partir au loin sans qu’il soit contraint à freiner son élan.
yyyyyyyyaaaaaaaarhhhggghgyyygkhjhjhjjjjjllllllllhyyyyyyiiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiuuuuuuuuuuuuuuu

Les pensées de Sam Moore, the windleaf et la trampoline, 4 février 2021.

 

* Ref. aux Actions Sport Surface d’Anabelle Hulaut – en 98 elle a utulisé les erreurs de frappe et orthographiques comme point de départ d’une démarche artistique et en 1999 à Montréal en marchant dans la rue elle a vu une pub pour un magasin de sport intitulé Sport Surface. Cela lui a rappelé le mouvement artistique français des années 70 Support Surface. Après ce moment, elle a décidé de créer une série d’actions artistiques en utilisant ‘le sport’ comme support pour ses idées. Sa première action a été de sauter à la corde et de s’enregistrer en train de dire : Je fais du sport surface… Au bout d’un petit moment sa langue a fourché… et elle a entendu : je fais de l’effort sur place…
« Action Sport Surface : Je travaille le P dans la sculpture et quelquefois je fais de la sculture sans le P ce qui revient à dire 
Je fais du sport surface et dans certains cas de l’effort sur place. »
+ Les pensées de Sam Moore- Editions Ma bibliothèque par Sharon Kivland : https://mabibliotheque.cargo..site/Anabelle-Hulaut-Les-Pensees-de-Sam-Moore-2019
+ quelques pensées diffusées sur www.courte-line.net et www.dust-distiller.com
https://www.instagram.com/studiosammoore/

http://www.anabellehulaut.net/