Les pensées décalées de Sam Moore ou fuck the heatwave, Août 2018

recalage decalage décollage encollage recollage

 

Lamaline scrutant au loin pensait si haut :

j’imaginais comme réapprendre

i’ve lost my words

rapidement,

swallow mine

le loup donne le la

et le bas prend la si

- qu’est ce que tu fais

- j’excris, j’exssaye

je gratte le papier d’une pointe un peu grasse

il me faut sécher les mots

hâtivement

dans la nuit,

le gratouillement

sur le papier

froisse l’endormi

cache cache a commencé 

en une eclipse

j’ai le tournis

le télésiège au dessus du vide

m’étourdit

la pression de mes poings sur le devant est si forte que j’en oublie mes bras

la barre est épaisse et mon rire est volant, 

éclats,

l’écho des sommets est rieur

à la pensée d’un bonhomme de neige au devant du télésiège

ah que la montagne est belle !

Il faudrait toujours commencer par l’affirmation

changer la belle en beaucoup moins, 

cela n’a pas d’importance

grande, majestueuse, silencieuse, épineuse, douloureuse, voyageuse, rugueuse, 

décalage,

de loin, la grande d’été paraît encore plus belle, intouchable 

et tellement envie de toucher la grande d’hiver en été 

 

laisser voler les pensées,

en une nébuleuse d’abeilles

I’ve lost mine

Reeling and peering 

just sticky,

 

Sam au sol pensait l’envol :

Square view, à travers l’oeil de bœuf, du boucher d’en face

I dream au paysage suspendu en balade, tel une montagne sur le dos, et si le paysage m’accompagnait partout, dedans, dehors, comme si cela ne suffisait plus de se promener et qu’il faudrait en venir nous aussi à promener les éléments du paysage qui le compose pour en composer d’autres au gré du vent 

J’ai la montagne sur le dos et je grimpe léger, plus léger que la dernière fois, la fois où mes chaussures non adaptées avaient fini par me laisser glisser sur la roche humide. Je grimpe plus léger car la montagne est sur mon dos et que le sol se dérobe au fur et à mesure de mes pas. Je grimpe plus léger car mes pieds n’ont pas de repoussoirs, la roche est sur mon dos et mes pieds dansent. Je grimpe autant que je veux, mes genoux aux yeux rieurs n’en font qu’à leur tête mais j’aime plutôt ça. Je continue de grimper même si mes talons sont restés bas cette fois, je passe de la verdure au roc dur, de la mousse au granit, du vers de soie au poil à gratter. Les flans sont agités, la belle penacotta aux allures chatoyantes blue, la gentiane coriace, et l’anémone des alpes, le buisson de beauté

 

and Sam sing again,

 

 

mountain, hill my best view, 

on my knee an eye blue

i dream my eye like landscape

eyes all colors 

for climbing-on mountains

they are travelers with their wheels

 

i do i do my proper hill with a sticky green plastic, black for the earth  and white for the snow light

this is not a garbage bag

this is a new mountain 

mountain with wheels 

rolling mountains and rolling landscape 

i do i do

help the landscape to getaway, 

for freedom 

flight and run away

mountain, hill my best view…

 

 

Les pensées décalées de Sam Moore ou fuck the heatwave, Août 2018