Extrait de Les pensées de Sam Moore et suite en hiver…(VII)

En ce début de crépuscule, Sam Moore avait entamé son petit périple dans la ville, comme à la recherche de son acolyte DMC. Sur la partie haute de la ville, Sam Moore était resté un moment à observer cet architecture étrange, dans ce paysage au patrimoine ancien. Il pensait à une variante chavirée du Guggenheim New York, ou échantillonnaire. Il pouvait y voir une version agrandie d’une étagère de livres dépareillés.
De jour, il reviendrait pour y déposer le filet d’un marque page, comme une petite note. Le livre qu’il choisirait serait sans doute dans cet interstice à l’entre deux des polars, un rayonnage à cheval entre la poésie et le romanesque. Il continua sa route, la descente de la longue rue menant sur l’autre rive s’interrompit.  Il venait d’apercevoir une silhouette traverser le jardin de l’hôtel particulier. La silhouette probablement vêtue d’un large manteau était aussi encombrée. Perchée sur le perron, elle se retourna comme pour se laisser mirer. Elle laissa tomber le vêtement qui l’enveloppait, et dévoilait une main délicate, qui tendue vers l’arrière, portait une petite chaise droite. Sam Moore était comme fasciné.  Il lui avait semblé que cette femme, dans l’obscurité qui s’intensifiait, était une autre vue, cette fois-ci plus réelle, de la version délaissée qu’il avait entr’aperçu la veille, sur le rebord de la cheminée de l’hôtel. Il se souvenait alors du Voca Patch et ce moment où ilelle avait cherché l’endroit idéal pour positionner la chaise.
Point de vue gravé sur le dos de l’assise.
Où positionner la vue avant que le train ne reparte vers Longuefuye   Recording. Sam Moore avait d’abord été fabricant de chaises…
Ses pensées repartaient de plus belle et c’est sans doute à ce point précis que son ami l’avait rejoint.
Poussant la porte de la chapelle, Sam Moore avait tout de suite remarqué cette barrière sur le devant. Une barrière galvanisée avec pour motif un coucher de soleil. Tout de suite, la barrière au motif si particulier les avaient comme emportés. D’emblée leurs pas s’étaient accélérés vers une traversée de ces rayons improbables. Ils pensaient, sourires aux lèvres, à cette manière plutôt rustique mais tout aussi fine de passer de l’autre côté du miroir.
Extrait de Les pensées de Sam Moore, suite en hiver vers le printemps, VII de table…en prévision pour accompagner « L’art est la chose … » (expositions David Michael Clarke, Anabelle Hulaut & friends… à partir du 30 ami 2015 in Château-Gontier)…