EXTRAIT DE LES PENSEES DE SAM MOORE ET SES DIVAGATIONS … VII (15 AUGUST)

D et N en avait profité pour se faufiler dans le parc et y inscrire tel une sentence définitive, quelque chose du genre on n’est pas sorti de l’auberge, mais avec une nuance dans la version english, de profondeur. On montrait qu’on était bien au coeur de la chose, et non en surface. La question se posait alors qu’est ce qu’on y voyait maintenant qu’ils avaient abandonné le terrain en laissant cette phrase derrière eux. Lamaline essayait de réfléchir à quoi cela pouvait-il s’adresser dans le contexte qui la concernait et elle n’avait trouvé pas d’autre écho que celui d’une réponse esquivée à une définition de qu’est ce que l’art. Esquiver la définition plus que celle que de faire tout simplement. Tout cela devenait trop, sérieusement. La sentence tombait comme un couperet et retombait sans écho. Eparpiller les lettres ou les mettre en tas serait sans doute plus adéquate à la situation. Les laisser redevenir des lettres, des signes puis des bouts de bois, bricolés. En dissoudre les certitudes, rendre palpables les doutes …  Lamaline laisserait la place aussi, d’ailleurs elle sentait bien que la nécessité viendrait à se retirer.

Sam Moore attendait patiemment dans la cabine d’auto-pilotage. Sous le lampadaire jaune, un bel jeune homme chantait accompagné de sa guitare, le ballon sous le pied, agité, The pink lady. La jeune femme était là chevauchant le LC2. La reverb se déployait. Sam Moore assistait à la parade des amoureux. Les yeux pépiaient. Au fond du tunnel, d’ailleurs I heard, Maria Maria, tout au bout dans la lumière bleue se projetait le coucher de soleil. Assis sur le sunset, the young men in black & sunglasses, grattait sa guitare. Elle, à ses heures diva, l’accompagnait de ses yeux green et magnifiques, un green s’accordant aux dessous. Une voix puissante.

Reprise,
Puis la porte claquait au désenchantement,
une voix forte et racleuse,
à la question du je peux marcher sur les cailloux,
Sam accourt tandis que the liitle girl a les yeux rivés on the stars. La belle étoile.
Glasses tombés du roc. Les verres tintent de nouveau.
Butterfly, je reconnais le pschittttttttt du campari, west side me fait tourner les yeux.
Ilelle fredonnait du haut de la tour, l’estafette était monté d’un cran. La boule à facettes, on la verrait toute la nuit sur le rond point des oliviers en herbe. Le verbe s’échafaudait une fois de plus, dans l’herbe, prolongeant les haies, devenues murales. D’ailleurs l’une d’entre elles s’érigeait tel un lit.
Wake up Sam,
Parfois, il se demandait s’il ne faudrait pas reprendre les pensées une à une pour retrouver la cohérence des divagations. Et en même temps, il savait que les pensées engendraient les divagations et les divagations réengendreraient d’autres pensées. La forme changerait à nouveau, à coup sûre. D’ailleurs ces derniers temps, il cherchait à faire tomber les mots plus qu’à les retenir et c’était peut-être cela qui changerait,

Les oies qu’on avaient pris tous les 3 pour des mouettes, poursuivaient leur route et filant vers l’ouest.

Sam Moore 

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