La peur au cinéma et dans l’art contemporain par Milena Massardier

Episode 1 : Peur et cinéma, une histoire qui dure

Sur l’écran de cinéma, je vois la jeune fille courir, ses grands yeux écarquillés par la peur. Elle fuit l’Homme au couteau s’enfonçant toujours plus profondément dans la forêt pour lui échapper. Dans sa panique, elle déchire sa robe, ses cheveux s’emmêlent dans les branches des arbres. Elle trébuche alors. Incapable de se relever, elle est à la merci de l’Homme au couteau. Je frémis de peur et d’anticipation, il va la rattraper, ce n’est qu’une question de secondes. Assise sur mon coussin rehausseur en velours rouge, je glisse mes pieds sous mes cuisses pour les protéger du noir de la salle de cinéma. La douceur du tissu me rassure face à la scène se déroulant sur l’écran. Nous sommes en 1993, j’ai 6 ans et je vis ma première expérience cinématographique devant Blanche-Neige et les 7 nains du Studio Walt Disney. Il ne me reste de cette séance que le souvenir vivide du velours des coussins devant la fuite de Blanche-Neige et de ce sentiment d’angoisse face à l’incertitude, à la possible mort de l’héroïne. Dans le documentaire Nightmare in red, white and blue : the evolution of the american horror film (2009), le réalisateur Joe Dante évoque la dimension initiatrice des films d’animation Disney à la peur et au cinéma d’horreur. « Une grande partie de l’attirance enfantine pour les films d’horreur commence par Disney parce que la peur a toujours eu une grande part dans ce qui est attrayant chez Disney. ( … ) Et je pense que beaucoup d’enfants trouvent qu’ils aiment ce genre de choses et d’autres enfants trouvent que non. Mais ceux qui aiment vraiment, passent aux films d’horreur. »

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