(UNE SUITE) PAR PIERRE GIQUEL, DANS LE PROLONGEMENT DES ÉCHANGES AVEC LES PENSÉES DE SAM MOORE (18 PART II) …

La plume que nous avons évoquée avait été découverte dans un buisson, et soustraite au feu elle retrouvait sa verte fougue, faisant sonner sa flûte humide sous les paupières du slip. Mademoiselle se tenait les côtes comme dans un tableau médiéval, elle avait bu et poussait des cris qui rappelaient ceux d’une folle déracinée. Sam Moore se souvenait d’une étrange rencontre avec Hildergarde, cette sainte qui vivait ses visions sans l’extase, n’importe où, n’importe quand. Elle avait encore souri en se remémorant ces derniers mots, « une belle pub ! » avait-elle ajouté. Elle avait également au seul nom de « sachertorte » traduit « Sacher Masoch », convoquant ainsi l’une des figures tapageuses de la généreuse Angleterre.

Deux amis peintres, Philippe R et G.G. avaient circulé dans le grand Ouest, leur road-trip leur avait fait accoster quelques lieux anciens dans lesquels on visitait des artistes contemporains et des jardins. Une chapelle accueillait les vitraux de Pierre M, un château une collection d’œuvres pérennes, ils verraient l’installation de Elsa T à l’opéra de N. avant de se précipiter à R où les attendait une exposition de Raymond Hains. Ils dînaient chez Pierre G. que nous ne connaissons guère que de réputation : c’était l’intrus de cette aventure que vous lisez, lecteurs muets mais parfois heureusement diserts. Il avait écrit : « Bonjour, j’ai lu fiévreusement le texte que j’ai reçu de toi sur mon portable, mais une manip furtive l’a fait disparaître et il ne se représente pas dans ma boîte mail. Peux-tu me le renvoyer, d’autant plus qu’il apporte une belle eau à notre moulin, une eau de qualité.

Oui ! Le sachertorte a été conçu par les mains de Pascale, il a été apprécié hier soir en compagnie de Philippe Richard et Gilgian Gelzer appelé GG. Je leur réserve une place dans les aventures mille et une fois radicales qui se lèvent à chacun de nos coups de pattes de faucon maltais. La Russie c’était une île, et nous avons eu droit en plus de ce sublime gâteau à un chewing-gum de sève d’arbre, de quoi vivre mille ans. Des girolles étaient passées par ici et avaient été préparées par Olivier Le Roy, je n’avais plus que deux rôtis de veau à faire cuire, les melons au porto attestaient que nous avions affaire à un repas du siècle dernier, le plateau de fromages auraient fait pâlir les dresseurs de chèvres réunis comme toujours dans un coin du patio…

Bise
Pierre »

Sam Moore clignota des yeux et son estomac connut une minute d’incandescence.