PAR PIERRE GIQUEL, DANS LE PROLONGEMENT DES ÉCHANGES AVEC LES PENSÉES DE SAM MOORE… (15 PART II)

La photographie du fragment reçu en écho à ce qui se tramait dans les dialogues récents avait mis la puce à l’oreille de certains curieux quand d’autres avaient délibérément fermé les volets, préférant prolonger leur repos de l’été par quelque vieille nonchalance intégrée. Pour ces curieux donc, il ne s’agissait pas de commémorer l’arrivée sur la terre d’un astéroïde intrigant. Il s’agissait d’anticiper certaines intelligences.

Fifi la soutane
On le voyait éternellement obsédé par les éternuements. Entre deux hoquets, Dieu avait des caprices, cela se mesurait à l’inclinaison du cou tendu vers les hauteurs, Lulu la Goûteuse avait l’air de connaître ces états d’effondrement qui conduisent à l’extase. Fifi la soutane peignait posté comme un faune faufilé entre deux camions. Il aimait les courants d’air agitant la cuisse avec un certain cachet.

 

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Un blaireau ne creuse pas de trou. Le télagon (Mydaus javanensis) ou blaireau de Java est un petit blaireau endémique de l’île de Java, qui ne mesure que 38 cm.
L’odeur des sécrétions de ses glandes est repoussante.
Ces renseignements pris, Sam Moore réajusta les bords de son chapeau d’été, heureusement qu’on n’en était plus à la prohibition de l’alcool et toute autre substance ! Elle étudierait avec une joie décuplée les divers modes de vie de ces animaux qui, même empaillés, gardaient une élégance insouciante. Comment leur taille qui peut être ridicule attire à ce point l’amitié, en tout cas le récit ? Le blaireau de Java traverse les époques tumultueuses sans se soucier des sorts qu’il donne, il règne encore, à côté des bocaux, près des pierres et des soies, comme une œuvre perdue, oubliée sur les étagères.