CONVERSATION ENTRE LE JAZZ ET LA PHOTOGRAPHIE

Il existe une étonnante et touchante proximité entre la photographie et le jazz. À travers évidemment des portraits de jazzmen inoubliables ou des documents photographiques de sessions musicales légendaires, mais aussi, et plus profondément encore, à travers la notion de hasard et d’aléatoire, de liberté et de free-music qui demeure le sel de la photographie comme du jazz improvisé. Telle association, donc, s’est souvent jouée à travers une esthétique photographique, minimaliste ou géométrique, abstraite ou contemplative dont le label de musique ECM pouvait apparaître comme l’acmé sonore et graphique. Pour toutes ces raisons, on ne peut que se réjouir et saluer la création du label Newvelle-Records et de son projet musical. Non seulement ses fondateurs, Elan Mehler et Jean-Christophe Morisseau, ont créé une collection de disques de jazz d’une grande élégance (avec, pour commencer, les musiciens Ben Allison, Jack DeJohnette, Noah Preminger, Don Friedman, Leo Genovese et Frank Kimbrough), mais ils ont aussi privilégié le support vinyle et son épaisseur tactile du son : son étoffe « audiophile ». De plus, pour initier leur beau catalogue, ils ont confié au photographe Bernard Plossu la réalisation de ses premières pochettes, et, pour cela, ont puisé dans son œuvre pour y faire redécouvrir des photographies aux lignes intenses, énigmatiques, sensuelles ou mélancoliques. Enfin, à ce projet aérien, feutré, solaire, ont également été associés les textes de la poétesse Tracy K. Smith : ils inscrivent, dans une conversation sémiologique entre le texte, l’image et le son, ce beau développement artistique réunissant jazzmen, photographies de Bernard Plossu et poésie contemporaine.

Alexandre Castant

www.newvelle-records.com

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