Le pari de la capitale – 4e Biennale du Réseau des maisons de l’architecture

La Biennale du Réseau des maisons de l’architecture s’invite à Paris pour une 4édition. Après s’être installée à Strasbourg en 2012, à Marseille en 2014 et à Nantes en 2016, la capitale lui ouvre ses portes pour accueillir cet évènement. Les maisons de l’architecture font de cette aventure une opportunité pour dévoiler et diffuser des projets d’architecture auprès du grand public. Amateurs, initiés ou même professionnels sont attendus à cette occasion pour découvrir ou redécouvrir l’architecture.

Cette année la Biennale du Réseau des maisons de l’architecture sera sous le signe du pari. Un pari pour « montrer comment on peut faire de l’architecture aujourd’hui autrement et de ce fait ouvrir aussi aux autres disciplines », nous explique Anne-Sophie Kehr, présidente du Réseau des maisons de l’architecture. Pour alimenter ce pari, la Biennale a mis en place un appel à projet dont le but est de récolter des conceptions où l’architecture serait vue et montrer sous un nouvel angle. Pour cela, le mélange des disciplines est un outil favorable pour « permettre aux architectes de répondre à un appel à projet de manière tout aussi réaliste qu’utopiste, c’est-à-dire s’allier avec un artiste, un designer, un sociologue ou un anthropologue », souligne Anne-Sophie Kehr. Par ce pari la Biennale ouvre les champs de diverses possibilités architecturales. L’association de toutes ces disciplines peut être une opportunité pour la transformation de l’environnement urbain. La pluridisciplinarité est le mot d’ordre de cette Biennale et grâce à cette expérience, l’évènement peu s’enrichir  « pour pouvoir parler d’architecture auprès du plus grand nombre » (Anne-Sophie Kehr).

Visuel de la Biennale par le studio fables

Visuel de la Biennale par le studio fables

Le commissaire en charge de l’évènement est lui-même l’illustration de ce pari. Décrit par Anne-Sophie Kehr comme « Commissaire d’une nouvelle génération d’architectes », Christopher Dessus, architecte, scénographe et éditeur, nous dit : « En travaillant avec des gens qui savent, et qui savent autre chose, qui savent faire du design, qui savent faire du design graphique, qui travaillent l’art contemporain, qui sont artistes, qui ont d’autres influences que l’on peut créer de la qualité. Pas forcément de la quantité mais de la qualité ». Voilà l’objectif du Réseau des maisons de l’architecture, de la Biennale mais également de l’appel à projet : produire de la qualité architecturale. L’architecte transgresse le périmètre qui lui est dédié et au-delà de la simple construction, il se réinvente à travers de nouveaux outils, de nouvelles formes pour produire une architecture inattendue. Christopher Dessus définit la Biennale comme « un moment de dynamisme »dont l’appel à projet conduit à proposer et à produire des réalisations spécifiques pour l’occasion. Cette biennale d’architecture est une opportunité pour montrer des œuvres d’architectes au-delà des frontières classiques de l’architecture. L’hybridation des disciplines offre un nouveau champ de réalisation, il s’agit de toujours parler d’architecture mais sous un autre point de vue.

Les intentions énoncées par cet évènement est une démarche à suivre au-delà de la Biennale. Le renouvèlement des formes architecturales devraient suivre ce fil rouge du mélange des disciplines. L’enrichissement de l’architecture proviendra de ces entrelacements des milieux pour arriver à une diversité des formes. Par conséquent apporter au paysage urbain une dimension architecturale innovante qui semble se raréfier de nos jours.

L’architecture est la ligne directrice de cet évènement et on pourra la trouver sous différentes formes au cours de la Biennale. Elle s’articulera autour de plusieurs évènements : des tables rondes, débats, ateliers d’enfants, balades d’architectures, performances, restitutions de résidence d’architecte et bien d’autres. Toute cette programmation prendra place dans quatre lieux phares :

  • L’École Nationale Supérieure d’Architecture (ENSA) de Paris-Belleville organisera des débats et tables rondes autour de plusieurs problématiques, sur la diffusion, la transmission et la présentation de l’architecture aujourd’hui.
  • L’Espace Niemeyer recevra matali crasset où elle prendra la parole et s’exprimera sur la question de ce pari architectural mise en exergue par la Biennale.
  • La maison de l’architecture d’Île-de-France accueillera l’exposition La ville rêvée des enfants avec une maquette réalisée par des élèves de plusieurs écoles du 10arrondissement. Cette démarche a pour but de sensibiliser les élèves à l’observation de leur environnement mais également à l’imaginer.
  • Le DOC ! Espace de résidence situé dans un ancien lycée du 19dont deux espaces étaient dédiés au regroupement, gymnase et réfectoire, seront investis par des expositions illustrant le pari imaginé par la Biennale. Le premier espace exposera 10 architectes invités dont leur travail interroge leur statut d’architecte face aux mélanges de différentes disciplines (designer, artiste, graphiste). Jean-Benoît Vétillard, Julien Baiamonte, Studio GGSV, Diplomates et d’autres architectes seront à (re)découvrir.
Visuel de la Biennale par le studio fables

Visuel de la Biennale par le studio fables

Le second espace accueillera les 10 projets sélectionnés suite à l’appel à projet dans le but de proposer des réalisations d’exception pour la Biennale. Ce dernier est ouvert à tous avec une exigence toute particulière : la pluridisciplinarité, afin de relever ce pari et souligner les liens possibles avec d’autres disciplines.

La scénographie des deux expositions est conçue par les architectes PEAKS, dont le choix de définir un même plan pour l’ensemble fluidifie la déambulation mais souligne également le lien entre les œuvres des architectes invités et les propositions de l’appel à projet.

D’autres programmations seront également visibles, afin que le public puisse continuer à imaginer, s’informer et s’enrichir de l’architecture, avec des lieux comme le Pavillon de l’Arsenal avec l’exposition « Capitale Agricole », la Cité de l’architecture du Patrimoine, La Maréchalerie et bien d’autres lieux.

Rendez-vous le 15 octobre pour découvrir les lauréats. En attendant retrouvez toute la programmation sur : https://paribiennale.com/

Maïté Callégari